Après quinze ans à observer des cavaliers en selle, Hugo peut repérer un mal de dos avant même que la personne s’en plaigne : un bassin qui bascule vers l’arrière, des épaules qui remontent, un dos qui s’arrondit dès le trot. La bonne nouvelle, c’est que ce problème se corrige presque toujours par le travail du corps, pas seulement par la technique équestre.
Comprendre d’où vient la douleur
Le cavalier sollicite en permanence sa ceinture abdominale et son bassin pour absorber les mouvements du cheval sans les répercuter dans le dos. Quand cette musculature profonde est trop faible, le dos encaisse à sa place, en particulier au niveau lombaire. Le psoas, ce muscle profond qui relie la colonne au fémur, se raccourcit souvent chez les cavaliers qui passent aussi de longues heures assis en dehors de la selle, ce qui accentue encore la cambrure lombaire une fois en selle.
Le rôle sous-estimé du regard et de la respiration
Peu de cavaliers font le lien, mais une respiration bloquée aggrave presque toujours les tensions de dos. Sous l’effet du stress ou de la concentration, on a tendance à retenir sa respiration en haut du buste, ce qui crispe les épaules et empêche le diaphragme de jouer son rôle naturel d’amortisseur. Respirer profondément par le ventre, en particulier dans les moments techniques comme un stop assis ou un changement de pied, aide à garder un dos souple plutôt que verrouillé, un détail que les cavaliers de haut niveau travaillent autant que la technique pure.
Un échauffement avant de monter, pas seulement après
La plupart des cavaliers échauffent leur cheval avec soin et montent directement sans préparer leur propre corps. Un échauffement à pied de cinq à dix minutes avant de seller, centré sur la mobilité du bassin et des épaules, réduit nettement les tensions accumulées pendant la séance. C’est un réflexe simple à prendre, souvent négligé faute de temps, alors qu’il change concrètement la sensation de fatigue en fin de reprise.
La position en selle, revue point par point
Au-delà du renforcement musculaire, une bonne partie du mal de dos vient d’une posture en selle mal comprise. Beaucoup de cavaliers pensent qu’il faut se tenir « droit » en serrant les épaules vers l’arrière, ce qui crée en réalité une tension inutile et bloque la respiration. La consigne plus juste consiste à chercher un allongement naturel de la colonne, épaules basses et relâchées, nombril légèrement rentré pour activer le gainage profond sans le crisper. Le regard, porté loin devant plutôt que fixé sur l’encolure du cheval, aide aussi à garder un axe tête-bassin-talon aligné, un repère simple qui change beaucoup la répartition des charges sur la colonne vertébrale.
Un autre point sous-estimé : la fatigue musculaire progresse au fil d’une reprise, et c’est souvent dans les vingt dernières minutes qu’un cavalier fatigué commence à compenser avec le dos plutôt qu’avec les abdominaux, sans même s’en apercevoir. Apprendre à repérer ce moment précis, et à faire une pause ou ralentir l’allure quand il arrive, protège autant le dos qu’un programme d’exercices à la maison.
Quatre exercices à intégrer dans la semaine
| Exercice | Durée | Fréquence | Ce qu’il travaille |
|---|---|---|---|
| Gainage planche | 20 à 40 secondes | 3 à 4 fois par semaine | Sangle abdominale profonde, stabilité du tronc |
| Pont fessier | 10 à 15 répétitions | 3 fois par semaine | Fessiers, bas du dos, bascule du bassin |
| Étirement du psoas | 30 secondes par côté | Quotidien | Souplesse de la hanche, cambrure lombaire |
| Chat-vache | 1 à 2 minutes | Avant chaque séance à cheval | Mobilité de toute la colonne vertébrale |
Quand consulter
Ces exercices soulagent la plupart des tensions liées à la posture équestre, mais ils ne remplacent pas un avis médical si la douleur lombaire persiste au-delà de quelques semaines ou irradie dans la jambe. Un kinésithérapeute, idéalement familiarisé avec les sports équestres, saura identifier un déséquilibre musculaire spécifique et adapter un programme personnalisé plutôt qu’une liste générique d’exercices.
Une bonne selle, correctement ajustée au bassin du cavalier, joue aussi un rôle sous-estimé dans cette histoire : notre guide pour choisir sa première selle western aborde ce point. Et pour les propriétaires de chiens actifs, sachez que le corps humain n’est pas seul concerné : notre dossier sur le berger australien montre à quel point l’activité physique régulière profite autant à l’animal qu’au maître.




